TEDxCERN: Remarquable "Elephant in the room"

Par Christina Agrigoroae

 

Comme à chacune de ses éditions, le TEDxCERN de cette année éveillé considérablement d'inspiration et soulevé une multitude de questions concernant la science, la technologie et l’avenir de l’humanité. Le thème "L'éléphant dans la pièce" (en anglais, l'expression an elephant in the room désigne un problème évident dont personne ne parle) était assorti d'un script soigneusement élaboré sur les problèmes brûlants de l'actualité, et sur des moyens positifs de les résoudre. Ne se dérobant jamais devant les questions controversées et les risques inhérents à chaque sujet, l'événement a mis en évidence la nécessité d'une conception et d'une réglementation judicieuses des technologies développées, plutôt que la crainte du progrès.
 

La première session, basée sur le thème "Nous détruirons-nous nous-mêmes?", a combiné des conférences sur les problèmes de l'ère numérique. Sinan Aral a ouvert les présentations en abordant les impacts des médias sociaux sur la société, d'un point de vue aussi bien politique, qu'économique ou de santé. Il a centré son discours sur les fake new, et sur la manière dont nous consommons les informations. "Qui décide dans la société de ce qui est vrai et ce qui est faux? Et qui vérifie les vérificateurs?", interroge-t-il. Plus tard, les documentaristes Hans Block et Moritz Riesenwieck ont ​​examiné la modération du contenu numérique et ses implications morales. Shermin Voshmgir, experte en blockchains ou chaînes de blocs, directrice de l'Institut de recherche sur la cryptoéconomie de l'Université d'économie de Vienne, a expliqué en quoi la crypto-monnaie est en train de révolutionner le monde numérique. Maja Pantic a donné un aperçu de l'Intelligence Artificielle (IA) émotionnelle, et des promesses et risques de l'apprentissage automatique des machines. Joanna J. Bryson a conclu cette première session par un tour d’horizon psychologique de l’IA et de sa relation intime avec l’esprit humain.
 

Hans Block et Moritz Riesenwieck sur le nettoyage des contenus indésirables du Web.

 

Janice Chen, biologiste de l'Université de Californie à Berkeley, pionnière du CRISPR, a ouvert une seconde session sur le thème "Allons-nous créer de nouveaux êtres?". Elle a dessiné les contours d’un avenir dans lequel CRISPR, une technologie d'édition du génome, pourrait fournir des diagnostics en temps réel et prévenir de potentielles épidémies. Derrière elle, Sanushka Naidoo, a examiné le potentiel des nouveaux outils biotechnologiques pour aborder les questions des réactions des plantes aux parasites et aux agents pathogènes. Celles-ci laisseraient voir des solutions possibles pour l'avenir de la production alimentaire mondiale et pour le développement durable. "La modification génétique est une biotechnologie qui peut profiter aux affamés et aux pauvres, mais elle elle n’est pas accessible en raison de réglementations fondées sur la peur et l’ignorance", a-t-elle déclaré. L’Anthropocène et l’avenir de la Terre ont également été au cœur de la session. Elena Bennett, écologiste des systèmes, a fourni un aperçu positif de la manière dont l’humanité pourrait poursuivre un développement durable en se concentrant sur un comportement conscient à l’égard de l’environnement. "Il est temps que nous commencions à penser à un avenir radical et inspirant", a-t-elle proposé.


Les activités étaient nombreuses entre les sessions. Ici, l'exposition "Murmure" de l'artiste genevois Benoit Renaudin, proposant une vision des archéologues de l'an 3000 sur notre société.

 

L'astrophysicienne de la NASA, Dawn Gelino, a expliqué les défis liés à la recherche sur les exoplanètes. "Il y a plus d'étoiles dans notre petite galaxie que de grains de sable sur toutes nos plages. Nous sommes petits et insignifiants dans un vaste univers", a-t-elle déclaré dans son discours époustouflant sur l'exploration spatiale. Juan Enriquez, conférencier TED de renom, et scientifique du vivant, a révélé certains mystères actuels de la biologie et de la génétique. "La nouvelle biologie est proactive. Au lieu de chercher des choses, nous pouvons en construire. Que faisons-nous avec ça? Eh bien, les formes de vie programmées vont changer le monde", a-t-il affirmé. Il ajoute "nous pourrions n’être qu’à une ou deux décennies d’être capables de créer la vie de zéro".
 

Pour compléter le charme futuriste de l’événement, Kevin Ramseier, Thomas Köppel et François Moncarey du CENC (Centre d’expression numérique et corporelle), manipulant outils numériques et lois de la physique, ont présenté une performance en danse et vidéo, durant laquelle le danseur contrôle les matières visuelles et auditives, et les modèle en fréquences, oscillations et vibrations.
 

En conclusion, l'édition 2018 de TEDxCERN a été un succès incontestable et a attiré un public sans précédent: plus de 900 speacteurs présentes dans la salle. Partout dans le monde, plus de 3'000 personnes ont regardé la retransmission en direct Web depuis 32 lieux différents.
 

"TEDxCERN est une très puissante opportunité de sensibiliser les citoyens à la science de pointe, qu'il s'agisse de la science développée au CERN, ou de recherches dans d'autres domaines. Il est extrêmement positif de voir le CERN jouer un rôle de pionnier dans la mise en lumière de "l'éléphant dans la pièce", en promouvant et en médiatisant des discussions. Cela s'inscrit parfaitement dans la mission du laboratoire, qui se veut un porte-parole de la recherche fondamentale et de son impact sur la société." - Ana Godinho, responsable du groupe Éducation, communication et relations publiques du CERN.
 

Restez attentifs les semaines à venir pour regarder les enregistrements vidéo de chaque conférence. En attendant, profitez de l'événement en images ici.

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